David Peyrou Piège à rêves (2009) Mécha-cité (2008)
On accrochait traditionnellement les pièges à rêves dans les chambres des nouveaux-nés pour capter leurs mauvais rêves. Placé dès l’entrée de l’exposition, le Piège à rêve (2009) offre sans doute au lieu sa protection. Les tribus amérindiennes d’Amérique du nord fabriquaient leurs pièges à partir d’une rosace tissée dans un cerceau de roseau. Leur réalisation associe deux domaines a priori contradictoires, géométrie spatiale et croyance mystique. Conçu comme un passage, une fenêtre ouverte sur un autre monde, ce piège à rêve est avant tout une annexe de la Mécha-cité (2008).
Les courbes protectrices du piège répondent à l’architecture anguleuse de la mécha-cité dont la masse noire et pyramidale s’élance vers le haut. David Peyrou s’est mis dans la peau d’un concepteur futuriste, il a imaginé la maquette d’une cité utopique qui pourrait tout aussi bien être une base armée, une plateforme, une station orbitale. La mécha-cité s’inspire de différentes périodes de l’histoire de l’architecture (gothique, utopique, moderne) et de références comme les pyramides d’Egypte, la préhistoire, la science-fiction et les mangas japonais. Ses formes dynamiques et graphiques s’élancent et jaillissent autour de la base comme un volcan. Sa structure opaque est en réalité composée d’éléments ayant chacun une fonction précise (bloc administratif, militaire, carcéral, recyclage, divertissement...). Refermée vers l’intérieur, la coque est faite pour résister à d’éventuelles attaques comme les champs de radiation. En s’approchant, la masse robuste et imprenable de la mécha-cité révèle la complexité de ses volumes.
Florence Ostende