Sarah Duby
Les deux lignes de photographies présentées par Sarah Duby n’ont en apparence rien en commun. D’un côté, des vues aériennes que l’artiste réalise à la chambre dans un avion, de l’autre des contre-plongées de palmiers. De plus, les formats et les modes d’accrochage diffèrent. Ces multiples variations concourent à montrer divers axes de recherches. Pour autant, le choix de Sarah Duby d’exposer ce qui semble des séries dans un couloir aux murs non parallèles indiquent un rapprochement potentiel entre les deux lignes. Il s’agirait donc de trouver ce que partagent un paysage urbain avec un document botanique, une vision familière avec un cliché exotique, un plan général avec un plan serré. Sarah Duby affirme ne pas faire de série, dans le sens où l’avaient initié les Becher, car une série, par essence, se termine. Or l’artiste espère générer un mouvement permanent entre ses images. La similitude des vues aériennes fait que le regard effectue un parcours linéaire, mais la proximité des images de palmiers brise cette linéarité. S’opère alors un passage : l’étoilement des boulevards d’une ville rappelle structurellement une arborescence. La trajectoire du regard se fait alors transversale et définit, par les rebonds qu’il effectue entre les deux lignes, un espace que Sarah Duby désigne comme photographique.
Pascal Thévenet