le Creux de l’enfer - CENTRE D’ART CONTEMPORAIN

exposition



 Florence Reymond
 La montagne cent fois recommencée


 22 mai > 15 septembre 2013
 May 22th > september 15th, 2013

 Vernissage > mardi 21 mai 2013 à partir de 18H
 Opening > Tuesday, May 21th 2013 from 6:00 pm


DOSSIER DE PRESSE



Présentation IMG/flv/FLOcreux_de_enfer.flv

UNE JUBILATION GESTUELLE PEINTURES 2012

La vraie grandeur de l’homme, c’est de paraître heureux quand tant invite à l’être. Il en va de même pour ces restes de nuages opalescents, changeants et fantaisistes, aux motifs souriants sous un ciel ténébreux. Les tableaux de Florence Reymond rayonnent d’une énergie nouvelle ; l’artiste est toujours prête, comme pour la montagne de son intitulé, à cent fois les recommencer, peintures d’un roman inachevé. La culture, la création, accompagnent la vie humaine depuis la nuit des temps, et la vie est belle dans une perspective et une gestuelle à réinventer. Les paysages sont des couleurs en valeurs composées, des miracles ordonnés accessibles pour beaucoup, mais ressentis par trop peu.

La roche et le temps

Le paysage peint, sapin vert et sapinière, découpe en dents-de-scie les crinières végétales d’un feuillage persistant, quand le nek à la pâte plus épaisse fractionne ses parois en surfaces distinctes. Le rocher pétrifié, comme le monument antique pour l’abbé Delille, valide l’indestructible et la permanence de l’art dans la durée. La pierre sera rabaissée (Stolperstein), dressée (menhir), stèle, statue, monument, pour agir durablement sur le temps. Thiers 2012 est le nom du grand polyptyque du rez-de-chaussée. De même que toutes les toiles de l’exposition, il répond à la nature troglodytique du Creux de l’enfer — la roche surtout, à laquelle le bâtiment est adossé. Entre croyance religieuse et légendes païennes, histoire sociale et fantôme de George Sand, le rocher n’est jamais loin. Mais Florence Reymond évite le récit, et s’en échappe s’il le faut par la forme purement géométrique, schématisant la frise et défrisant les schémas. Tel un diapason chromatique, nuancier de couleurs variées, la figure géométrique abstraite resserrée en carré tamponne de sa marque la pâte picturale sur la toile. Elle suscite ainsi, par sa confrontation avec la forme libre, une dynamique expressive entre le sauvage et l’apprivoisé, le simplifié et l’élaboré, le pictogramme et le griffonné, le spontané et le cogité, le chaotique et le strict. C’est une des particularités de ce travail que d’élaborer son propre langage de signes sur une dialectique contrastée. Quand Matt Mullican associe couleurs et motifs, les raisons sont rigoureusement définies. Le corpus des signes de Florence Reymond s’affiche sur un registre plus syncopé, parfois primitif et compulsif tel celui, maculé, d’un Gérard Gasiorowski dont on retrouve çà et là énoncé le coup de brosse rebelle.

Un rituel humain Dans la paume d’une main

L’artiste propose une vision holistique du paysage, dans un geste haché en feuillage de sapin. La vie se découpe dans une lumière stratifiée, et se recoupe dans des masses ligneuses, des fleurs, des surfaces terreuses. Elle perpétue sa joie première dans de simples motifs de création binaires, et même dans le bras sec et tendu d’un arbre mort. L’œil, dans l’écho rebondissant des formes, s’amuse de ces persistances rétiniennes ; et l’aplat, fragmenté/ parcellisé tel un drap de couleur rapiécé, traite son fond d’un geste décidé qui ne se veut surtout pas innocent. Florence Reymond, dans le mystère de sa jubilation, démontre que l’art de peindre répond à une tradition, est un rituel humain dont le geste tient toujours dans la paume d’une main.

Frédéric Bouglé > Commissaire de l’exposition Sept. 2012

ENGLISH VERSION

The Mountain : One hundred times recommenced Florence Reymond 
A gestural jubilation Paintings 2012

The true greatness of man is his ability to appear happy when all invites him to be so. The same goes for the remnants of these opalescent clouds, changing and whimsical, with their smiling motifs under a dark sky. Florence Reymond’s paintings radiate a renewed energy ; the artist is always prepared, like the mountains of the title, to repeat a hundred times the paintings of an unfinished novel.1 Culture and creativity have been with human existence since the dawn of time. There is beauty in reinventing perspective and movement ; these landscapes become colorful miracles to behold.

Rock and time

The fir green painted landscape cuts out jagged manes of evergreen foliage, while the impastoed mountain pass splinters into separate surfaces. Petrified rock, like the ancient monument to abbot Delille, confirms the indestructible permanence of art in its duration.4 Stone is laid (Stolperstein), raised (menhir) as a stele, a statue, or a monument to be sustainable over time. Thiers 2012 is the title of the large polyptych on the ground floor. Like all the paintings of the exhibition, it echoes the troglodytic nature of the Creux de l’Enfer, especially the rock the building leans against. Rock is ever present among pagan legends and religious faith, social history, and the phantom of George Sand. But Florence Reymond shies away from narrative, illuding it via a purely geometrical form by patterning the frieze and “defrizzing” the pattern. Just like a chromatic pitch fork—a palette of colors, an abstract geometrical figure narrowed to a square—stamps its mark onto the pictoral pulp of the canvas. This intersection creates a wild/tame expressive dynamic, between simplified and elaborate, pictogram and scribblings, spontaneous and meditated, chaotic and strict. One of the peculiarities of this work is its ability to develop a unique sign language for a contrasting dialectic. When Matt Mullican combines colors and patterns the reasons are strictly defined.5 Florence Reymond’s signs appear in a more syncopated range, sometimes primitive and compulsive—defiling—recalling the strokes of Gérard Gasiorowski’s rebellious paintbrush.

A human ritual In the palm of a hand

The artist offers a holistic view of the landscape in jagged pine branch strokes. Life is carved out of laminated light and overlaps in woody masses, flowers and earthy surfaces. It perpetuates pure joy in simply creating binary patterns, even in a dead tree’s dry, stretching arm. The eye is amused by its retinal persistence, the echo of bouncing shapes, its fragmented colorful patchwork surface on a background of knowing strokes. Within the mystery of her jubilation, Florence Reymond demonstrates that the art of painting corresponds to a tradition, a ritual of man, a gesture still held in the palm of one’s hand.

by Frédéric Bouglé, Sept. 2012


Exposition réalisée avec les soutiens exhibition realised with the support

du Ministère de la Culture et de la communication / Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Auvergne, de la ville de Thiers, du Conseil Général du Puy-de-Dôme, de Clermont Communauté, du Conseil Régional d’Auvergne, du Rectorat de l’Académie de Clermont-Ferrand, et du Parc Naturel Régional du Livradois-Forez.

Commissaire et directeur : Frédéric Bouglé

Un catalogue / DVD à paraître en septembre 2013 aux éditions Analogues Coédition > centre d’art contemporain le Creux de l’enfer, le CNAP Centre national des arts plastiques, la ville de Clichy Pavillon Vendôme, et la galerie Odile Ouizeman.

Textes de Frédéric Bouglé, Natasha Cucheval, Nadeije Laneyrie-Dagen, entretien avec Guillaume Lasserre, DVD Damien Faure.

Le Creux de l’enfer et l’artiste expriment leur reconnaissance à Philippe Marin pour son soutien généreux.

Florence Reymond est représentée par la galerie Odile Ouizeman à Paris.


 OUVERTURE : tous les jours, sauf le mardi
 13H / 18H

 Entrée libre et gratuite.

 Exhibition open everyday except Tuesday, from 1:00 to 6:00 pm.
 Free entrance.


  Visite commentée le dernier dimanche du mois à 15H00, sans réservation.


 Avec le soutien de >

 Clermont Communauté, la Ville de Lyon et le Creux de l’enfer


 Partenaires >

 Le Ministère de la Culture et de la Communication,
 La Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Auvergne,
 La Ville de Thiers,
 Le Conseil Général du Puy-de-Dôme,
 Clermont Communauté,
 Le Conseil Régional d’Auvergne,
 Le Rectorat de l’Académie de Clermont-Ferrand,
 Le Parc Naturel Régional du Livradois-Forez.


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