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le Creux de l’enfer - CENTRE D’ART CONTEMPORAIN

Armand Jalut

du 25 mai 2011 au 18 septembre 2011

8 diapositives disponibles:

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Armand Jalut, « Alain Patrick »

Dernière question et ultime réponse d’Armand Jalut dans son entretien avec Frédéric Bouglé octobre 2010 - mars 2011

Frédéric : Le traitement des fusains reprend les caractéristiques mêmes de la facture emblématique de la peinture : un savoir-faire technique bien maîtrisé, mais qui glisse sur un versant délicieusement affolant... je m’explique. C’est vrai que le trait du dessin est bien tenu, allant d’un noir profond au délié le plus élégant, et le tout rangé, bien équilibré, centré dans la surface du papier. Les contours du sujet sont cernés, des ombres sont évoquées modulant les volumes et l’ombre portée.

Armand Jalut IMG/flv/RolandCognet.flv
© le Creux de l’enfer, l’artiste, realisation Claire Berbey

Là aussi, il y a rigueur et discipline. Ce que je remarque encore, ce que je remarque surtout, c’est cette bizarrerie retranchée derrière l’apparence, une énigme stylisée, un vocabulaire anarchique qui s’exprime librement de l’intérieur du motif par une myriade de petits traits et de petites touches indescriptibles, et qui en font la texture singulière. Cela se structure dans une substance faite de petites fissures, de petits cercles imparfaits, de caractères velus, de petites cellules plasmatiques, de griffures microscopiques, et parfois de grandes circonvolutions au tracé labyrinthique... ces détails, ces graphèmes, happent le regard, tournent la pensée. Victor Hugo supposait que la forme est un fond qui remonte à la surface ; un fond qui remonte ici comme des bulles. La forme trompe l’aimable et le banal ; elle est le revers du fond de la surface, second degré qui retourne le premier et qui m’amène à une dernière question. Pourquoi ce titre d’exposition, « Alain Patrick »  ?

Armand : Le titre provient de la marque d’une cravate achetée dans une friperie de Barbès dont les particularités graphiques ont retenu mon attention. J’ai fait l’acquisition de cette cravate avec quelques autres, pensant l’inclure dans une des compositions que je fais au scanner. Un dégradé de couleurs assez vives sert de fond à une trame abstraite, plus géométrique en noir. Le hasard a aussi fait en sorte que le nom d’Alain Patrick soit celui d’un compositeur, trompettiste, ayant sévi dans les années 1970 et qui composa des slows instrumentaux quelque peu sirupeux. Les pochettes des quelques 45 tours produits à l’époque rappellent étrangement l’esthétique de la cravate homonyme. Cette association est certes le fruit du hasard, elle illustre cependant ma volonté d’inscrire mon exposition sous le signe d’une banalité romantique ou d’un romantique banal, au choix. Alain Patrick est l’archétype du nom ordinaire, presque un terme générique labellisé made in France. Les natures mortes composées au scanner sont comme des contenus de poubelles renversées, réévalués à travers le filtre de la peinture. Les matériaux servant de sujet sont tous plus ou moins liés à l’univers du désir. Ce procédé est en réalité une tentative de me rattacher à une esthétique séduisante et de l’inclure dans une entreprise presque caricaturale : celle de faire une belle peinture. L’œuvre est néanmoins souillée par ces excès, presque nauséeuse. Il en résulte une abstraction enrichie d’emphases presque pathétiques, empreinte d’un certain détachement. L’ensemble des œuvres, dont la majorité sont très récentes, dialogueront dans l’espace comme le simulacre d’une romance, en différents mouvements, rapides et lents, contrôlés et excessifs.

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Aloha, 2011
Huile sur toile 200/160 cm

Bio

Armand Jalut est un jeune artiste de 34 ans, parti vivre et travailler à Paris en 2004 après une formation à l’école des Beaux-Arts de Lyon. Sa première exposition personnelle se déroula en 2006 à la galerie Michel Rein à Paris, seulement un an après l’exposition collective “les Enfants du Sabbat” au Creux de l’Enfer, à laquelle il participa. Il expose donc une nouvelle fois ici, peintures et dessins au fusain. Armand Jalut choisit en effet de se consacrer exclusivement à ces deux médias, malgré diverses influences. Nous trouvons dans l’exposition “Alain Patrick” faune, flore ou encore aliments, souvent sur des toiles de grand format et très colorées. Pour l’artiste, jouer sur la facture et le style est bien plus important qu’une quelconque narration. En effet, il rejette toute notion de réalisme car, dit-il, « la photo fait très bien son travail ».

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Peau de banane (2) , 2009
Fusain et pastel sur papier 156/116 cm
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Chaton (2) , 2008
Huile sur toile 146/114 cm, collection particulière
 
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