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le Creux de l’enfer - CENTRE D’ART CONTEMPORAIN

Claude Rutault

Exposition, 16 décembre 1995 - 4 février 1996

du 16 décembre 1995 au 4 février 1996

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(commissariat Frédéric Bouglé et Laurence Gateau) exposition / méthode n°10 : « d’après le catalogue » (celui du musée de Nantes - une exposition au « Creux de l’enfer » (Thiers)

Claude RUTAULT expositions chez des particuliers « papiers » appartement de baudouin jannink, paris, 1977 « AMZ », 6 actualisations de la même œuvre sur 6 mois - chez michel tournereau et daniel bosser, paris, 1987 « two letters for a secret person in ivory coast », exposition organisée par jean brolly, paris, 1997

expositions dans des institutions « légende », musée national d’art moderne, centre georges pompidou, organisé par jean-hubert martin, paris, 1975 arc 2, musée d’art moderne de la ville de paris, 19 définitions/méthodes actualisées par des amateurs, collectionneurs, conservateurs de musées..., Paris,1983 triple exposition avec catalogue commun, musée national d’art moderne, le consortium, dijon « à l’adresse », musée de la peinture de grenoble, 1992

expositions personelles : "Rutault/Rodchenko”, Galerie L à Moscou, 1994, commissaire Frédéric Bouglé


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 Claude Rutault

16 décembre 1995 - 4 février 1996

Claude Rutault né en 1941 à Trois Moutiers, vit à Paris, France

JPG - 9.9 ko

œuvre reproduite : détail de l’exposition au premier étage. « des tableaux peints en bleu de la même couleur que les quatre murs sur lesquels ils sont accrochés. chacun de ces quatre murs bleus, sera successivement repeint en blanc, comme le laissent supposer les outils de l’artisan peintre -échelles, pinceaux, pots de peinture- en attente face aux murs et tableaux à recouvrir. les tableaux présentés au mur, au sol, et sur le présentoir, tous de dimensions identiques qui reprennent le format de la définition/méthode96, « entre nous et la tour eiffel », retenue pour toute l’exposition au creux de l’enfer, proposent autant de déclinaisons d’accrochages possibles que de combinaisons avec d’autres définitions/méthodes : un élément de la d/m 96 est accroché sur l’angle d’un mur comme le carré noir de malévitch ; d/m 11 « formats limites » ; d/m 107 « 2 plans/3 dimensions ; d/m 112 « pile ou face » ; d/m 145 bis « interim » ; d/m 254 « toile contre le mur » (extrait du texte de Frédéric Bouglé et Laurence Gateau pour la jaquette qui vient recouvrir le catalogue du Musée de Nantes) œuvre produite par le Creux de l’Enfer

Photos Joël Damase



frédéric bouglé : la notion de prise en charge est un paramètre important de ton œuvre qui permet à l’acquéreur d’avoir une relation privilégiée par rapport à l’objet. elle permet en outre à l’acquéreur d’établir une véritable relation avec l’artiste qui lui-même bénéficie en retour d’un réseau relationnel avec ses acheteurs que j’imagine authentique. ainsi se construit dans ce jeu de relations entre l’acquéreur, l’artiste et l’œuvre une texture dont la trame des liens est resserrée par une certaine charge affective. tu es sans doute le seul artiste qui connaisse aussi bien ses collectionneurs. n’y a-t-il pas ici même une dimension implicite qui explique l’existence de ton travail ?

claude rutault : encore à partir des constats les plus simples. puisque celui qui acquiert le travail va vivre avec, puisque l’œuvre est à réaliser, puisque l’utilisation d’une couleur plutôt qu’une autre ne change rien, pourquoi imposer mon goût, pourquoi ne pas laisser le collectionneur choisir ? si on laisse le collectionneur choisir la couleur, pourquoi ne pas lui déléguer l’ensemble de la réalisation. l’œuvre va se faire sous sa responsabilité, choix du lieu, support et tout ce qui fait l’œuvre. déjà cela va bien au-delà de la simple exécution. c’est la responsabilité, c’est la prise en charge. Lui-même peut déléguer, mais sous sa responsabilité.

celui qui acquiert est également responsable du maintien de la pièce en état conforme au texte de la d/m. l’artiste conserve en permanence un droit de contrôle, un droit de regard.

cet aspect de la méthode peut entraîner une connaissance réciproque, ce que tu appelles une charge affective entre l’artiste et le preneur en charge, mais ceci peut également produire un retrait, une mise à distance de l’artiste par rapport à son œuvre… l’existence de la d/m le permet. c’est l’une de ses fonctions. c’est tellement vrai que si je fais le compte des travaux installés sous différentes formes, j’en connais moins de la moitié. je me réserve toujours la possibilité d’aller voir, mais rien de systématique. l’idée de ne pas connaître, autrement que par les éléments figurant sur le descriptif, est quelque chose qui me plaît. non que le résultat ne m’intéresse pas, au contraire, mais la distance ente l’artiste et son œuvre me paraît un critère important pour n’importe quelle proposition picturale. Mais contrairement et en même temps à un artiste classique qui laisse son tableau partir sans même savoir où il va, je reste toujours en contact avec toutes mes œuvres grâce au descriptif et à ses actualisations. ce qui compte est ce qui est produit, ce qui est visible et reste visible en dehors de la présence de l’artiste. qui est d’autant plus important dans mon cas, au regard de la manière dont les œuvres sont réalisées, c’est-à-dire le plus souvent mais pas toujours car ce n’est pas une obligation, par d’autres. l’idée de prise en charge va plus loin. il est tout à fait possible pour un collectionneur de me proposer une d/m. pourquoi quelqu’un, connaissant bien l’œuvre et son fonctionnement, ne pourrait-il avoir envie d’un travail particulier, par rapport à ses goûts, par rapport à sa collection, sa profession… ? cela s’est déjà produit…

Extrait du livre d’entretiens : claude rutault avec frédéric bouglé “ la fin de l’objet fini ”, Question “ i ”, éditions Joca Seria , Nantes, 1992. Version spécifique russe 1994, éditions avant-garde Moscou édité à l’occasion de son exposition "rutault/rodchenko" - Galerie L à Moscou - 1994, commissaire / Frédéric Bouglé Nouvelle version éditions Joca Seria, Nantes 2005

 
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