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le Creux de l’enfer - centre d’art contemporain

Passerelle : dossier pédagogique

Claude Rutault, aide à la visite

Vers le ciel de la peinture

Biographie :

peintre français né en 1941 aux Trois moutiers (Vienne). Depuis 1973, il produit des œuvres questionnant le tableau et son support mural. En peignant la toile de la même couleur que le mur il attire l’attention sur l’importance de l’accrochage et sur la muséographie qui sacralise l’œuvre d’art. Par un jeu de définition / méthode, les d/m, il propose toute un réflexion sur l’action de la peinture et sur les différentes modalités de production d’une œuvre. L’acquéreur ce retrouve ainsi acteur devant suivre les instructions définies préalablement par l’artiste :

  • peindre la tableau de la même couleur que le mur
  • peindre le mur de la même couleur que le tableau
  • la taille de la toile doit être en rapport avec la taille de mur (la plus petite sur le plus petit mur et graduellement jusqu’à le plus grande...)

S’en suit toute une série de réflexions préalablement écrites avant d’être peintes dont une liste de 274 principes de réalisation en références les déclinaisons. Ayant exposé dans de nombreux grands musées internationaux et manifestations d’envergure (Louvre, Beaubourg,Guggenheim, Mamco de Genève, Documenta 7 Cassel Allemagne, biennale de Sydney en Australie...) il revient au Creux de l’Enfer pour présenter son travail autour de la marelle commencé en 1971 et poursuivi jusqu’à ce jour.


L’exposition :

autour du thème de la marelle, jeu d’enfant qui remonte à l’Égypte ancienne, Claude Rutault décline les cases comme autant de toiles pouvant composer l’espace d’exposition. Jouant avec la spécificité du lieu c’est à la fois en investissant le sol mais aussi le « ciel » qu’il propose au spectateur de rentrer dans son univers coloré. Tâches, cases, touches vives viennent rythmer l’espace de l’ancienne usine parée, pour l’occasion, de couleurs estivales. Le béton, la craie font de discrètes résurgences pour tendre le fil qui relie le jeu aux œuvres. C’est dans la subtilité des moyens plastiques que le sens affleure, discret, léger mais terriblement caustique. La transparence d’une couche de jaune laisse deviner la mappemonde sous-jacente, la découpe dans la feuille indexe le mareau tombé hors du jeu, l’ascension promise des numéros, lorsqu’elle est projetée en perspective, ne conduit qu’à l’enfer...


Pistes pédagogiques :

*6ème : l’objet. Il s’agira d’attirer l’attention de l’élève sur le tableau et ses constituants : châssis, toile, peinture, et d’inventorier les différents effets produits par chaque élément suivant l’utilisation qu’en a fait l’artiste. La muséographie ainsi que l’accrochage seront ici le prétexte pour introduire la question de l’installation et de « la norme » remise en question par les toiles au sol, au plafond, de dos ou de biais.

*Cycle central : images œuvres et fictions. La marelle, comme jeu antique, pourra servir de réflexion sur la représentation d’un univers fictionnel. En illustrant l’évolution du dessin du jeu de l’escargot du moyen-age au plan d’une église chrétienne on pourra proposer aux élèves de relever les différentes versions du jeu utilisées par Claude Rutault (en deux dimensions mais aussi en trois dimensions jusqu’au cheminement du spectateur dans le lieu qui crée une sorte de colimaçon reprenant la forme en escargot).

*3ème : l’espace l’œuvre et le spectateur. L’installation de la marelle du rez de chaussée sera une introduction à l’espace de présentation de l’œuvre. Le sol de béton, repris par une forme coffrée illustre la terre. Certaines toiles brutes font un parallèle de matière et de couleur entre le lieu et les tableaux. Puis sur le mur se déploient les cases unies de la même couleur que le mur jaune, sauf le menaçant « enfer »noir, prêt à chuter. Au plafond le ciel s’étire avec ses 2 nuages rectangulaires blancs. Les toiles installées en strates reprennent les compositions des cieux classiques, comme dans les tableaux de Tiepolo.

*1ere option facultative : la représentation. Le monochrome et son rapport au mur. Chez Claude Rutault, la couleur n’est pas définie par sa spatialité mais par son rapport à l’espace de l’exposition. Ses d/m remettent en question la portée symbolique de la couleur de la toile puisqu’elle peut changer en fonction de l’acquéreur et du lieu de son exposition.

*Terminale option de spécialité : l’œuvre et le corps. Le corps du spectateur dans le travail de Claude Rutault joue le rôle de toise. C’est par la hauteur de son regard, que l’interrogation sur la muséographie prend tout sons sens. Le tableau et le cartel se donne la réplique sur de nombreux murs du 1er étage perturbant les repères spatiaux, le sol comme le plafond induisent un déplacement du corps, l’appréhension du dispositif de présentation ne peut se faire que par le déplacement qui est lui même intégré à l’œuvre comme gigantesque jeu de marelle en étages.


Liens utiles :

site de Claude Rutault :http://www.cneai.com/rutault/

biographie et vidéo interview de l’artiste : http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Rutault

article très fourni dans art press : http://www.conceptual-art.net/crutault.html

Réalisation de la restauration de l’Église de Saint-Prim, dans l’Isère, commande publique de l’État réalisé par Claude Rutault : http://www.journeesdupatrimoine.culture.fr/videos-rutault

pdf de la fiche d’aide à la visite à télécharger ici :

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