le Creux de l’enfer - centre d’art contemporain

Enfants du Sabbat 9

Du 5 mars au 12 mai

Les enfants du sabbat, par la multiplicité des entrées qu’ils proposent sont riches en notions et en situations d’enseignements. Vous pourrez avec aisance passer d’une œuvre à l’autre en conservant un même fil directeur, égrener une thématique développée dans diverses propositions ou encore souligner la diversité des partis pris.

En fonction de votre niveau de classe n’hésitez pas à demander une préparation personnalisée sur une question précise du programme.

Quelques propositions :

6ème : « La question de la ressemblance, préoccupation des élèves de cet âge, est l’occasion de faire prendre conscience des rapports et des écarts inévitables entre référent et représentation plastique, ainsi que de la valeur expressive de ces écarts. »

Entre le mur de pierres dans le hall d’entrée de l’artiste Kanna Igarashi, l’escabeau mou, le canoë Kayak, la chemise épinglée et la montagne de cire au premier étage de Delphine Laloy, les élèves pourront déterminer le sens nouveau que prennent ces représentations grâce aux matériaux choisis par les artistes : un mur fait de briques de mousse, taillées dans des matelas usés, où les gens ont dormi pendant plusieurs années, l’escabeau et le canoë, véritables répliques des originaux, mais qui, par le textile utilisé, peinent à tenir debout, à garder leur forme, suspendus par des fils discrets, tels des marionnettes. On pourra mettre en parallèle de ce travail, les sculptures d’Oldenburg ou les tableaux de Dali, le mouvement du surréalisme

Cycle central : « L’objectif est d’amener l’élève à : •reconnaitre la réalité concrète d’une œuvre ou d’une production, •dépasser le niveau descriptif et comprendre que la matérialité est objet de questionnement, •comprendre les incidences pour toute production artistique de l’instrumentation et des moyens dans les relations qu’ils entretiennent. » Pour les 4eme, vous pourrez vous attarder sur le travail d’Edwige Ziarkowski et sur les différents moyens utilisés pour élaborer sa thématique. Répertoriez par exemple avec les élèves, dans les techniques et les matériaux tout ce qui fait référence à la punition, à la prison, à la mort : les mains coupées, les allumettes, les dessins de fleurs grattées sur le mur, le rouge, le temps qui s’égraine, les bougies tête en bas, le texte sous les tulipes, le papillon ... On pourra souligner le décalage entre l’aspect poétique des œuvres au regard de la dureté de ce qu’elles dénoncent.

3ème : « La question de la relation du corps à la production artistique : implication du corps de l’auteur dans l’oeuvre en cours d’élaboration (grands formats, postures, gestes, occupation de l’espace) ; lisibilité du processus de production (traces laissées par le geste créateur, par exemple) ; présence matérielle de l’oeuvre dans l’espace et investissement du lieu de présentation ; relations spatiales entre l’oeuvre et le spectateur (“être devant”, “tourner autour”, “pénétrer l’oeuvre”, etc). » et pour la classe de 1ere option obligatoire : « l’oeuvre et le lieu »

Cette partie du programme pourra être successivement traitée avec le travail de Marie Julie Jacquet « Out of my soul » cet arbre monumental réalisé à partir de liens plastiques servant à sceller les colis, ou le parquet faussement marqueté mais réellement peint à l’huile intitulé « Flashdance », et le patron de cube installé sur le sol du premier étage, réalisé par Mylène Chevet. La « maison » de Delphine Laloy, en béton cellulaire installée sur la terrasse, aux dimensions de cabane mais sans la fragilité de celle-ci laisse le spectateur sur le pas de la porte, dans l’impossibilité de rentrer. Le décor d’Elise Cam, jeu de construction d’un urbanisme hors échelle, donne comme sur la scène d’un théâtre tous les plans successifs pour reconstituer une ville inspirée des tableaux de Mondrian. Quant au travail de Ke Sun, qui s’attarde à dévoiler la poésie des formes du quotidien, vous pourrez rapprocher son travail des natures mortes de Chardin ou des sculptures de Naum Gabo.

2de : le « rapport au réel » peut-être questionné avec les reflets urbains de Matthieu Weil, vision brouillée d’architectures qui révèle la poésie de la non-figuration de la matière picturale tout en gardant un réalisme troublant à bonne distance de la toile.

Terminale option facultative : vous pourrez vous attarder sur la série d’Anne-Lise Seuse. Elle explore la couleur « interventionniste » dans le paysage : les traces laissées par l’humain sur un terrain, un sol, un lieu invisible, seulement utile. Patiemment elle noue contact avec ces consommateurs, ces habitués qui viennent pratiquer un sport, un loisir, une passion et qui se demandent intrigués ce qu’il peut bien y avoir à photographier. Lentement elle développe une sorte de « polyptyque » rythmé par l’accrochage, qui sous des allures narratives, témoigne surtout de son gout pour la couleur et la composition de ces fouilles de paysage.

 
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