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le Creux de l’enfer - CENTRE D’ART CONTEMPORAIN

Etienne BOSSUT

Exposition « Moulages en Creux »

du 11 avril 2004 au 13 juin 2004

Du 11 avril au 13 juin 2004 Vernissage le samedi 10 avril à 18h Né en 1946 à Saint-Chamond (Loire) Vit et travaille à Dole Espace au rez-de-chaussée du bâtiment Etienne Bossut est représenté par la galerie Valentin à Paris

Commissariat de Frédéric Bouglé

Étienne BOSSUT, Grand Laocoon 2004, moulage en polyester teinté dans la masse, 200 x 300 x 215 cm

Grand Laocoon, la mythologie et le classicisme enjoués

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Artisan se positionnant et s’affirmant très tôt comme artiste, Étienne Bossut façonne depuis déjà de nombreuses années des répliques d’objets de toutes dimensions dans de la résine colorée, redoublant la réalité du modèle dans une momification hi-tech. Il réalise ses sculptures avec une connaissance approfondie dans le domaine du moulage de la résine polyester, un savoir-faire qui lui est personnel, et qui donne une nouvelle personnalité à l’objet. Pourtant, ce n’est pas dans la fidélité de la réplique que réside l’intérêt premier de cette démarche. C’est davantage une puissance qui surgit de l’embarras qu’elle produit à falsifier et tromper, accordant de surcroît à l’original la reconnaissance de son immortalité. L’œuvre en question ici fut produite spécifiquement pour le Centre d’art de Thiers à l’occasion de son exposition “ Moulage en creux ”, en 2004. L’artiste a réalisé en effet une série de moulages issus d’un fauteuil design créé dix ans plus tôt par l’Australien Marc Newson. L’intitulé du fauteuil “ Orgone ” reprenait le terme employé par le psychanalyste autrichien Wilhelm Reich pour désigner une énergie libidinale cosmique présumée. “ Grand Laocoon ” évoque par son empilement construit, par sa spirale ouverte, autant une structure de croissance architectonique et sensuelle qu’une sorte de dragon chinois multicolore qui s’enroule sur lui-même. Cette sculpture souple, serpentée et modulable, rejoint la mythologie troyenne, Laocoon étant un prêtre d’Apollon qui s’opposa à l’introduction du célèbre cheval de bois dans Troie. La mort de Laocoon et de ses fils a souvent inspiré les poètes et les artistes, autant Artinos de Milet que Sophocle, et même Virgile dans un splendide épisode de “ L’Énéide ”. Un groupe antique au palais du Vatican à Rome porte ce titre, un canon aujourd’hui de la sculpture classique. Trois sculpteurs rhodiens, Agésaudre, Polydore et Athénodore sont les auteurs de ce marbre célèbre, restauré par Michel-Ange. Le Bernin, puis Agostino Cosnacchini y travaillèrent également. On trouve aujourd’hui de nombreuses reproductions en marbre ou en bronze des XVIIe et XVIIIe siècles, autant au Louvre qu’à la galerie Médicis de Florence. L’intitulé suggère encore les récits bibliques quand le serpent prend l’apparence du dragon d’enfer, mais figure encore le mot hébreu “ shéol ”, la “ géhenne ” grecque, l’ouverture dans l’au-delà.

“ Grand Laocoon ”, avec ses osselets multicolores s’emboîtant en une colonne vertébrale extravagante, dessine une figure à trois dimensions qui se vrille et se love dans l’épaisseur du vide, étirant par là même une véritable perspective visuelle en entonnoir. L’œuvre, dans sa sensualité ovalisée et sa complexité, rejoint symbolique et concept, ouverture et fermeture, station assise et levée, mesure humaine et échelle spatiale. Elle rend compte encore de la mythologie et du classicisme dans les matériaux et les formes de la modernité, et vient unifier de manière enjouée l’art, le mobilier, le design et les arts appliqués.

Frédéric Bouglé, 2005

 
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