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le Creux de l’enfer - CENTRE D’ART CONTEMPORAIN

François Mendras

Exposition

du 17 octobre 2004 au 31 décembre 2004

Du 17 octobre au 31 décembre 2004 Vernissage le samedi 16 octobre à 18h

IMG/flv/Mendras.flv

François Mendras Né en 1962 Vit et travaille à Paris

Commissariat de Frédéric Bouglé

On pourrait dire qu’en soi, cette peinture est une exception culturelle.

---- Donald agressif, Mickey probable, arabesque, rosace, motifs ornementaux abstraits, herbes, Phénix multicolore, arc-en-ciel, souris blanche, avion, Chaperon rouge, loup ; il n’est guère aisé de cerner dans l’œuvre de François Mendras une thématique précise ou même un style reconnaissable. L’artiste en effet zappe sur un registre d’images cathartiques qui implique mémoire personnelle et culture hertzienne. La technique employée est des plus classiques, celle de la cire sur bois, mais avec des procédés variés s’attachant à juxtaposer un travail de peinture maîtrisée à un autre plus naïf et d’une maladresse feinte. Fa presto, réalisme simplifié, propos déviés caractérisent l’hétérogénéité et l’ambiguïté délibérées du propos. Des formes géométriques basiques, rigoureuses, issues de l’art constructiviste ou de l’abstraction lyrique, du gothique et du contemporain, sont désorientées par des représentations facétieuses empruntées à la bande dessinée ou aux contes de fées. Dans le clivage des styles majeur et mineur, dans le mixage des genres, l’œuvre se construit dans le carrefour de citations où s’entrechoquent autant de références sans liens cohérents apparents : la symétrie et sa brisure, le traitement des sujets et des fonds, la couleur et le noir et blanc, l’horizontal et le vertical, l’échiquier du mythe et du banal.


L’œuvre de François Mendras renvoie à un protocole onirique, à une technique mnésique, et à une rhétorique picturale issue de l’inconscient. Ce cérémonial complexe remonte au jour comme à la surface du tableau sous une lecture parfois puérile, parfois critique, parfois cruelle. Toujours traitée dans la maîtrise formidable de son moyen, cette peinture cadre moins qu’elle ne disperse l’espace mental rationnel et intellectuel, et s’émancipe dans sa construction même de tout style déterminant. Quelques pistes cependant éclairent sur la conception binaire de son vocabulaire. Entremêlant abstrait et figuré, physique et métaphysique, décor et sujet, gestuel et aplat, ces registres tissés recouvrent d’un filé camouflé toute interprétation d’une finalité calculée.


On pourrait dire qu’en soi, cette peinture est une exception culturelle qui puise dans le fonds de l’intuition collective. Des images s’échappent d’une pâte de peinture mentale à l’origine insondable. Rien ici de la surface pixel, c’est plutôt une sorte d’angoisse burlesque qui s’évade de la matière picturale et s’agrippe à nos mémoires incarcérées. Bruno Bettelheim affirmait que les contes de fées ne “ traumatisent ” pas les jeunes lecteurs, mais qu’ils répondent de manière irréfutable aux hantises premières. Dans les peintures en question, cette réponse peut se faire dans un simple motif de fer forgé à une heure de la nuit donnée. Il est possible que l’enfant qui habite toujours chacun d’entre nous ait encore besoin de se purger de ses anxiétés, et que l’individu, et que le groupe, transfèrent dans l’actualité les tourments du passé. Stratagème ou non, l’œuvre de François Mendras affirme et démontre sa conception individuelle d’un réel intemporel. Ces images obsessionnelles régurgitées dans la part inconsciente de la peinture contribuent à alimenter la vision projective d’une modernité collectivement fantasmée.

F.B

 
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