le Creux de l’enfer - centre d’art contemporain

Gereon Lepper

Exposition, « L’appel des montagnes »

du 4 juillet 2004 au 24 septembre 2004

Gereon Lepper (Allemagne) Né en 1956 en Allemagne Vit et travaille à Düsseldorf Espace au rez-de-chaussée du bâtiment (sculptures) télécharger dossier presseGereon Lepper est représenté par la Galerie Philippe Casini à Paris Il exposera au FRAC auvergne du 1er juillet au 25 septembre 2004, et à l’école supérieure de Beaux-arts de Marseille l’hiver 2004-2005.

Gereon Lepper

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Les œuvres de Gereon Lepper tiennent à la fois de l’innovation technique et plastique. Les lois naturelles, la réalité et le rêve y entretiennent des relations symbiotiques soumises en dernière instance à la force visionnaire du créateur. N’appartenant pas à la sculpture traditionnelle, ses œuvres sont déterminées en revanche par des actions mécaniques et une forme de construction mobile. Les lois de la physique et les techniques permettent à Gereon Lepper, en utilisant des éléments provenant de l’aéronautique et des bateaux, tels qu’hélices, moteurs, membranes de caoutchouc, compresseurs, d’atteindre à un monde d’images où la machine prend des dimensions métaphysiques (Claudia Posca).

Intitulée « L’appel des montagnes » L’exposition de Gereon Lepper proposera une nouvelle génération de machines cinétiques conçues par l’artiste en Allemagne. Le Creux de l’enfer présentera trois sculptures dont deux jamais présentées en France, et une création récente produite par le centre d’art de Thiers. Le Centre d’art représente une architecture semi troglodytique, et l’exposition vient se référer à cet esprit rocailleux et légendaire du lieu. Les œuvres répondront à tout le site, fabriquées en métal et plastique, les matériaux de l’industrie thiernoise, elles possèdent une dimension rustique et une âme romantique. L’une est statique, mais n’en valide pas moins le mouvement, les deux autres sont animées d’une gestuelle mécanique. La première évoque un lourd tender sur rail qui se dirige sur l’extérieur, en direction de la passerelle, et lesté d’un chargement liquide sous une gangue de matière caoutchouteuse noire. La seconde, Black widow, se meut avec grâce dans l’espace. Elle évoque les mouvements les plus délicats d’un insecte, mais d’un insecte géant, futuriste, articulé, robotisé. Cette construction ergonomique, animée par air comprimé, de dimension plus qu’humaine, fait appel autant à la mécanique qu’à l’électronique, et suscite par sa présence marquante une inquiétude vague et déconcertante. La dernière œuvre, véritable machine célibataire fixée au sol, de nature autiste, puissante, archaïque, emporte de la roche dans sa cage en mouvement. Elle demeure soit en repos, soit tourne brutalement dans un petit chaos.

Inspirant crainte et attente, la machine impose la distance, de la roche lourde par instants s’échappant de ses tourments. Les trois œuvres forment dans leur ensemble une véritable chorégraphie vivante, et qui rythme son souffle et sa gestuelle dans les profondeurs rocailleuses d’un temps industriel. Pour Jean Tinguely, la machine sert à produire avec dérision et humour du mouvement. Il invite parfois le visiteur à circuler dedans ; il s’agit pour lui d’humaniser la machine, et de « conjurer l’angoisse du monde industriel ». Avec Gereon Lepper, une angoisse persiste. Ses machines ne cherchent pas à familiariser, au contraire. Elles forcent au respect, à la distance, engageant le cycle de son évolution par une vie organique en gestation. Les œuvres s’articulent dans une gestuelle simple, primaire, mais sont douées d’une vie interne qui ne répond pas à la seule fonction. Les sculptures ne reposent pas sur le sol du bâtiment, elles se bâtissent sans repos dans un rapport au sol. Elles n’habitent pas l’espace, elles le font travailler.

Frédéric Bouglé, 2004

 
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