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N’oubliez pas de consulter la page en ligne d’aide à la visite pour les primaires, elle sera un bon appui pour les 6èmes et propose des œuvres de référence pour illustrer votre propos sur le baroque.
4ème : Le travail pictural d’Hervé Ic traite de la question de la représentation et principalement de la figure. Pour ce niveau c’est principalement le portrait qui va pouvoir être étudié. Les élèves pourront observer l’univers symbolique qui enveloppe les personnages : ange, démon, mort, "freaks" sont chargés de sens grâce au travail pictural des superpositions qui dévoilent par transparence les différents sens de l’œuvre. Les références artistiques sont également explicites : notamment Philippe de Champaigne et le graveur Schongauer (contemporain de Dürer). Il serait toutefois dommage de ne pas s’attarder aussi sur ses lumières qui tendent vers l’abstraction. Participant au thème de la nuit, elles apparaissent aussi dans les portraits comme pour souligner l’atmosphère irréelle des costumes et des grimages des personnages. On soulignera la référence au baroque (programme d’histoire) dans les ornements ciselés à la peinture blanche autour et au travers des figures.
Terminale option obligatoire : Comme pour le niveau 4ème, il sera principalement question du rapport au corps. Ici, il s’agit du corps représenté avec un certain réalisme, mais la pratique artistique de l’artiste et son procédé de représentation viennent perturber la lecture de l’œuvre, tout en lui donnant une profondeur physique (les superpositions) et métaphorique (les différents degrés de lecture). Les différentes sources d’inspiration de l’artiste pourront être développées par des références connues des élèves : les années 70 (mobilier, papier peint), le monde de la nuit et de la danse (raves, boites de nuit), les "freaks" (portraits des malformations et des peurs fantasmées).
Terminale option facultative : Naviguant entre l’abstraction et la figuration, les peintures d’Hervé Ic sont organisées dans l’espace du Creux de l’Enfer pour procurer une émotion croissante au spectateur. Comme un opéra, les séries sont pensées comme des tableaux avec des changements de tapisseries pour rythmer l’espace. Les vis à vis sont réfléchis, les promiscuités génératrices de sens et la progression mène à la série des quatre cavaliers de l’apocalypse, point ultime du "spectacle" [1] . Il sera également intéressant de remarquer que Frederic Bouglé (commissaire) et Matt Hill (commissaire associé) ont pris part à la galerie de portraits des "freaks" en temps que personnes influentes dans l’univers de l’artiste. On pourra souligner le parti pris contemporain de l’installation des peintures dans un lieu d’exposition. Il pourra être mis en parallèle avec le retable présenté dans une architecture dédiée à la mise en valeur de l’œuvre par la scénographie du lieu, au 17ème siècle.
[1] Extrait de l’article de l’encyclopédie Wikipédia sur le Théâtre Baroque :"L’esthétique baroque repose sur le mouvement, l’inconstance, la contradiction, l’antithèse. Les personnages passent d’une palette de sentiments à une autre. On est dans l’excès, le paroxysme. Le discours donne à voir plus qu’à entendre ; il s’agit de montrer, de convoquer les images par le procédé rhétorique de l’hypotypose. Alors que l’esthétique classique recherche l’unité, le baroque se complaît dans la pluralité, d’où son goût pour l’accumulation. Le baroque donne les deux versants d’une médaille : la vérité est indissociable du mensonge, comme le réel l’est du rêve, comme la vie l’est de la mort. Au théâtre, le baroque est également traduit grâce une certaine mise en scène (lumières, jeux, costumes, décors...) qui met en évidence les caractères du mouvement."