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le Creux de l’enfer - centre d’art contemporain

Véronique Boudier

Exposition "LES PARTICULES S’ENVOIENT EN L’AIR"

du 22 octobre 2000 au 31 décembre 2000

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Avec l’aimable participation de L’Oréal France.

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ph : Joel Damase

Véronique Boudier est représentée par la Galerie Valentin à Paris.


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 Véronique Boudier

22 octobre - 31 décembre 2000 Vernissage le samedi 21 octobre à 18h musique 8bitsco - érik Minkkinen

commissariat de Frédéric Bouglé

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ph : Joel Damase

Véronique Boudier aime jouer avec les mots, dire que “nous sommes faits de la même chair que les étoiles” ou que “les atomes sont des anges” ; mais espiègle, elle ajoutera aussitôt : “Je suis mon corps et pas davantage”. Autant de troubles données, autant de doutes comme “Corderêve” qui font appel à l’émancipation des gravités terrestres, à l‘élévation, à l’apesanteur, au vin mauvais et à la poussière des étoiles. Certes il y a dans cette démarche artistique une araignée d’étrangeté, un souffle burlesque d’irrationnel qu’époumone une lascivité réelle, mais c’est bien avec les gestes du quotidien, dans l’expérience corporelle de sa propre vie, que l’œuvre en question pose sa serviette cosmique sur l’intime incarnation de son être. L’exposition que nous allons voir sera la première manifestation d’importance de Véronique Boudier dans une institution culturelle, une expérience qui se confronte ici avec la sévérité légendaire du Creux de l’enfer et aux dimensions de son espace. Son intervention implique les différentes pratiques des arts plastiques, et invoque certaines problématiques d’ordre universel qui vont se greffer sur le site.

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ph : Joel Damase

On découvrira ainsi, avec “Outburst/éclats”, un caisson au dispositif vidéographique sensoriel où les images de trois projecteurs dans un bruit de chantier se traversent et se caressent comme des neutrinos sans se perdre, tandis que l’artiste bute parfois violemment sur les surfaces des murs/écrans. Véronique Boudier ravive les images de sa mémoire personnelle dans le statut historique et productif du lieu, un site qui ne produit plus de couteaux, dévitalisé de son contexte, mais qui par sa création vivante s’oppose à un cadre romantique mortifiant. Ainsi c’est le corps entier du bâtiment que le propos va étreindre, un corps androgyne et bien vivant : le féminin/masculin de l’eau et du rocher. Tenaillé dans ces mâchoires contraires entre transformation et entropie, le sens chute avec le regard sur des écrans de rocaille transpirant et dégoulinant. Une substance complexe s’en échappe, blanche, poisseuse, épaise, lacrymale et séminale...et qui vient s’épandre jusqu’à nos pieds. Là, sur le sol humide, en réponse à la grotte et au ciment glissant, gisent abandonnés dans une latence temporelle quelques vêtements de matières éparses. L’ultime structure corporelle ne tient plus sa chair en place, sa tendre enveloppe formelle, liquidienne, se répand... Reste un squelette couché, siliconé, silencieux et diaphane, un squelette mou pour un corps humain d’invertébré. Des os se désagrègent en un liquide ou un liquide se matérialise en un squelette, pris dans les clapotis d’une surface cimentaire et de plénitude totale.

Frédéric Bouglé, 2000

 
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