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Si l‘œuvre de Johan Muyle, au-delà même de l’Europe, bénéficie d’une reconnaissance réelle ; sa dernière exposition solo en France, à la galerie de Paris, remonte à 1997. Avec l’espace sculptural du rez-de-chaussée du Creux de l’enfer pour une exposition inédite et personnelle, nous aurons ainsi la possibilité de découvrir l’évolution de ce travail inclassable. Car l’œuvre est une épopée en soi, une aventure artistique singulière dans le champs de l’art contemporain et qui dévoile au travers d’une générosité d’images, d’objets, de formes et d’attitudes un regard critique sur le monde de ses contemporains. Près de chez lui ou dans des contrées lointaines, à l’occasion de voyages ou via le web, Johan Muyle achète des fragments choisis de l’activité humaine. Dans ses ateliers de Liège, de Bruxelles et de la campagne ardennaise, l’artiste accumule ces trouvailles comme d’autres des indices. Des morceaux choisis trouvent place dans de nouvelles réalisations sculpturales qui privilégient la métaphore et l’oxymore comme rhétorique d’image. Si la première lecture de l’œuvre surprend par son apparente familiarité ou révèle les accents ‘tragi-comiques‘ du travail, celle-ci laisse rapidement place à une poétique acérée qui prend forme dans des constructions hybridées, des ensembles mécanisés d’ingénierie low tech, et des sculptures robotisées.
F.B. 2010