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A partir de la légende de saint Genès qui hante le Creux de l’enfer, un représentant éminent de l’art belge, Johan Muyle, en a transposé une autre, la légende de sainte Lucie. L’origine latine de ce nom provient de "lucilia", "lux", "lucis" c’est à dire "lumière", et engage une thématique en rapport à la saison de l’exposition, en automne-hiver, quand le site dispose de peu d’éclairage naturel. De l’obscurantisme du passé aux temps des lumières ou des lumières du passé à son obscurantisme contemporain, l’idée se retourne ici dans une temporalité réversible. Comme dans "Les Reines mortes" (1988-1989) ou avec "L’Impossibilité de régner" (1991), les créations de Johan Muyle célèbrent les rêves bafoués, l’espoir d’une humanité qui fonce tête baissée. L’adolescence valide l’âge des rêves, les aspirations d’une génération entière. Dans la pénombre somnanbulesque du centre d’art, harnachés tels des êtres bioniques costumés, de jeunes mannequins éclaireurs roulent sur l’artère du rez-de-chaussée, se cognent sur les obstacles rencontrés, sur l’envers du mythe et sa dure réalité. Ils n’en rebondissent pas moins, provoquant, dans un véritable oratorio contemporain, une situation inédite dont l’enjeu leur appartient.
Johan Muyle, dont la dernière exposition solo en France remonte à 1997 à la galerie de Paris, présente pour le Creux de l’enfer cette installation inédite de 2010. F.B. 2010
JOHAN MUYLE
De 2004 à 2010, Johan MUYLE a réactivé un travail individuel et la production de sculptures motorisées composées d’objets assemblés (objets récoltés lors de voyages, sur les marchés aux puces ou commandés via internet).