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le Creux de l’enfer - centre d’art contemporain

Stephane Pencréac’h

Exposition, « Zencréac’h - Le jugement dernier »

du 4 juillet 2004 au 24 septembre 2004

Du 4 juillet au 24 septembre 2004 Vernissage le samedi 3 juillet à 18h

IMG/flv/sp.flv

Né en 1970 à Paris Vit et travaille entre Paris et Sète. Salles de l’étage du bâtiment (peinture/sculpture) « Le jugement dernier » Stéphane Pencréa’ch est representé par la galerie Anne de Villepoix à Paris

Commissariat de Frédéric Bouglé

« Le jugement dernier »

Autodidacte, au début des années 90, Stéphane Pencréac’h entreprend un travail de peinture, de sculpture, de dessin, en organisant lui-même des expositions. L’artiste se nourrit d’une culture artistique puissante, mais dans une palette temporelle assez large, de Caravage à Matthias Grünewald, de Picasso à Twombly, et de Basquiat à Fabrice Hybert. Le sujet des tentations de Saint-Antoine, dont Jérôme Bosch en a fait un tableau célèbre, figure le nœud gordien de son travail. La monstruosité, un réalisme haché, la métamorphose, un érotisme sauvage, caractérisent dès le départ une peinture prise dans les fragments d’une perspective kaléidoscopique, et qui ne connaît de points de fuite ni divin ni cartésien. En 2003 l’artiste prend le nom de Zencréac’h et met en place un nouveau travail qu’il intitule « Voyages », le critique Richard Leydier se fera le commentateur des quatre épisodes dans le catalogue « La révolution sera peinte ». La série comportera autant d’étapes, avec chacune son lot d’aventures, de toiles, de dessins, de sculptures. Les travaux récents qui seront présentés au centre d’art de Thiers témoigneront de ces dernières fictions spatiales.

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Stephane Pencréac’h avec Frédéric Bouglé devant des éléments du "jugement dernier", production le Creux de l’enfer Ph : MH

Aux pays des chimères, du fantastique, de l’imaginaire fécond d’un Lovecraft, l’artiste convoque ses dieux païens, ses témoins du quotidien. Il nous entraîne dans un récit que raconte si bien le vertige acharné de ses traitements peints. Le tableau concrétise, par ses opacités et transparence, la cabine secouée du cockpit d’un aéronef. Véritables bulles de vortex, l’œuvre pénètre dans un espace futuriste tourmenté par la spirale d’un trou noir. Zencréac’h accroche peinture et sculpture dans le voile de l’espace de celui qui regarde, ses dessins en témoignent, et son logo pirate en forme de cœur crocheté aussi. C’est avec une liberté infinie, une énergie brutale et vivifiante qu’il harponne et déchire les sujets de son art. Le peintre appose des objets et du grillage sur ses tableaux, y accole des photos de sa famille ou d’amis. Il perce la toile à coup de cutter, creuse l’espace, désarçonne la lumière. C’est moins dans la peinture que dans l’action de peindre que l’œuvre ici se construit, nous renvoyant, comme Orlan le note justement, à l’avenir de « corps mutants ». Une démarche picturale avide de s’exprimer, iconoclaste, projetée sur le futur, et qui s’oxygène par des expériences risquées. Rien dans cette œuvre ne se veut figé. C’est un maelström de couleurs rouge, vert, violet qui prennent les relais du noir, où chacun tourbillonne derrière un hublot ouvert comme un œil étonné. Cerise sur le gâteau du diable, Zencréac’h présente une série sur papier fabriqué au Moulin Richard-de-Bas près de Thiers. Cette fresque unique, étonnante, composée d’une centaine de feuilles d’un magnifique papier, s’intitule « Le jugement dernier ».

Frédéric Bouglé, 2004

 
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