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L’exposition de mounir fatmi, au premier étage, explore différents supports pour étudier le fonctionnement des hiérarchies sociales, intellectuelles, politiques, religieuses de la société humaine.
Pour aborder cette exposition, une réflexion préalable sur les structures qui cadrent la pensée d’une société pourra permettre une plus grande réceptivité des élèves.
Quelques propositions de pistes pédagogiques en fonction du programme des arts plastiques :
6ème : « La question de la ressemblance, préoccupation des élèves de cet âge, est l’occasion de faire prendre conscience des rapports et des écarts inévitables entre référent et représentation plastique, ainsi que de la valeur expressive de ces écarts. »
La ville de Manhattan, inventoriée dans ses différents aspects (plan, maquette, élévation), est sélectionnée de manière emblématique pour évoquer sa structure urbaine ( composée d’immenses gratte-ciels avec une très forte densité) mais aussi son importance politique avec les attaques terroristes du 11 septembre sur les deux tours jumelles du World Trade Center. Il sera intéressant de souligner comme cette architecture par sa hauteur, sa situation, sa symbolique est devenue une référence visuelle forte dans la communication contemporaine. Vous pourrez également compléter votre exposé par l’installation Save Manhattan visible sur le site de l’artiste.
Cycle central : « faire percevoir différentes conceptions et utilisations de l’espace en trois dimensions : [...] intervention sur le lieu, installation. » Pour les 4eme, vous pourrez développer le thème de l’obstacle utilisé par mounir fatmi comme élément visuel séparant deux œuvres se faisant face dans la première salle (le pape Jean Paul II rencontrant Mehmet Ali Agca et Tête dure peintes sur les murs) mais aussi comme stratégie pour combattre son adversaire économique ou religieux. Les phrases inscrites sur les cylindres de bois reprennent les tactiques de guerre du chinois Sun Zi (5eme siècle avant J.C.) et sont aujourd’hui utilisées pour des stratégies économiques offensives. Les barres d’obstacles se retrouvent sur la terrasse, face au vide et à la grandeur de la vallée, plus nombreuses, plus proches dans leur installation de la barrière, de la limite, de l’infranchissable, métaphore des frontières, des idéologies, des intérêts divergents.
3ème : « La question de la relation du corps à la production artistique : implication du corps de l’auteur dans l’oeuvre en cours d’élaboration (grands formats, postures, gestes, occupation de l’espace) » La vidéo montrant les mains de l’artiste manipulant un Rubik’s cube (inventé par un architecte) pourra être exploitée pour cette partie du programme. Faisant référence à son autre travail "Casse-tête pour musulman modéré" mounir fatmi utilise la manipulation pour créer un rythme visuel et sonore qui s’apparente aux psalmodies des pratiquants égrainant le chapelet. Mais le scénario, sous cette illusoire monotonie, culmine lorsque les mains sont entièrement souillées de noir et qu’une image des musulmans tournant autour de la Kaaba (édifice cubique se trouvant au centre de la mosquée sacrée de la Mecque) vient se superposer au Rubik’s cube. Les mains, comme métaphore de l’action, de la construction, peuvent à la fois représenter le travail des architectes, des bâtisseurs, mais aussi l’asservissement de l’esprit par une action manuelle répétitive.
2de : la « perception et l’interprétation, multiplicité des interprétations (diversité des codes culturels, polysémie, singularité) » pourra être abordée avec la calligraphie, technique à la frontière de l’écriture et de l’ornement. Plusieurs œuvres l’utilisent pour le message quelle fait passer par l’écrit mais aussi pour les possibilités visuelles qu’elle possède. Dans "tête dure" il est question de "ceux qui savent et de ceux qui ne savent pas" par rapport à la lecture de l’arabe, de la connaissance du Coran, de l’ignorance et de la connaissance face à la mort (le crane comme symbole explicite de la vanité). Dans la vidéo, c’est le nom d’Allah qui tourne et happe le spectateur. Associé à des bruits de machines, de mécaniques, de perceuses, la focalisation sur le centre de l’image ainsi que la vitesse croissante de rotation, entrainent le disparition de la lisibilité et renforcent l’effet hypnotique des arabesques.
Cette liste est loin d’être exhaustive, elle n’a pour but que d’éveiller votre curiosité et témoigner de la richesse du travail de cet artiste. Si vous avez envie de venir visiter l’exposition, n’hésitez pas à nous contacter pour élaborer un document d’accompagnement spécifique à vos attentes.